Education canine :
Nous entendons par éducation canine, le fait d'enseigner au chien ce qui est
permis, ce qui ne l'est pas, quand et à qui il doit obéir. Il n'est donc
absolument pas nécessaire d'avoir recours au conditionnement dans cette
relation, il ne lui est absolument pas nécessaire d'avoir été conditionné pour
savoir si son maître veut bien qu'il monte sur le canapé ou non, par contre il
faut qu'il considère son maître en tant que tel.
D'autant plus que nous entendons par
conditionnement le fait d'induire un " réflexe conditionné, selon Pavlov ".
Ainsi la réaction d'un chien en présence d'une femelle en chaleur sera bien
différente de la réaction attendue "le fait de saliver", lors-ce que l'on
agitera la clochette qui prévient l'arrivée de la gamelle. En effet le chien est
un animal qui fait partie des mammifères supérieurs c'est à dire intelligents,
et bien plus intelligents que nous avons tendance à le croire.
Dans une situation déstabilisante, le chien est
capable d'analyser cette situation de prendre une décision et d'agir en
conséquence, il est donc plus aisé de comprendre que le chien n'aura pas
toujours les mêmes réactions mécaniques pavloviennes, dans les mêmes situations
données, car les situations en question ne seront jamais les mêmes, il y aura
toujours au moins un élément différent, pour ne pas dire perturbateur, femelle
en chaleur ou autre copain chien, lapin, chat, etc.
C'est pourquoi chez CANISCOOL, nous
n'utiliserons les méthodes de conditionnement qu'entre "guillemets". Que ce soit
un conditionnement positif ou négatif, et toujours dans un processus évoluant
vers la complication, c'est à dire en incluant l'élément perturbateur.
Si le fait de faire partir un train à heure
précise, peut être considéré comme une sanction pour les retardataires, donc un
conditionnement ou renforcement négatif qui enduira un comportement positif, "
se lever plus tôt ", chez CANISCOOL nous essayerons toujours de faire
partir les trains à l'heure, que ce soit considéré comme sanction ou non.
En éducation la notion de sanction reste
incontournable, mais nous sommes bien d'accord pour travailler dans un esprit de
motivation plutôt que de répression, mais le fait de repousser l'heure de départ
du train, pour ne pas sanctionner les retardataires relève plutôt du laxisme que
d'une quelconque méthode d'éducation positive.
La hiérarchie :
En éducation canine ou autre d'ailleurs, nous aurons donc besoin d'établir une
relation, dans laquelle le maître occupe une place hiérarchique plus élevée que
celle de l'élève. Car nous parlons d'obéissance, et personne n'obéit à une autre
personne du même statut. C'est pourquoi deux frères et sœurs peuvent se disputer
légitimement la place sur le canapé, mais si le chien se considère au même
niveau hiérarchique, je ne réponds plus de rien.
En dressage on recherche des performances de la
part d'un individu, avec ou sans conditionnement, car si le chien comprends
qu'en sautant très haut il aura une belle gamelle, il sautera aussi haut qu'il
le pourra et ce même s'il n'avait jamais vu auparavant le distributeur de
gamelles, donc pas de rôles hiérarchiques. Il n'aura d'ailleurs même pas besoin
du distributeur s'il sait que la gamelle l'attends de l'autre coté de l'obstacle
à franchir.
Nous disions plus haut que le chien est un
animal intelligent capable de comprendre des situations diverses donc
d'apprendre. Il Pourra apprendre d'autant plus vite que nous lui parlons dans
son langage, "les communications non verbales" mais au delà de cette barrière du
langage, persiste une deuxième barrière et de taille, "l'acceptation".
La compréhension : Certains pensent que le
chien comprends mieux l'Anglais ou l'Allemand, hors le chien ne comprends que
des signaux. C'est à dire tout ce que l'homme exprime par sa gestuelle, son
intonation, et les effluves qu'il dégage par ses pores. La compréhension est un
facteur incontournable trop souvent négligé dans toute forme d'éducation. Bien
souvent l'homme attend du chien qu'il comprenne le langage humain avec toutes
ses déclinaisons subtiles, sans vouloir faire machine arrière pour inverser les
rôles et adopter le langage de l'élève en se mettant à son niveau, c'est à dire
un langage très primaire.
Si je dis à mon fils en Hongrois, "tu peux
sortir ce soir mais tu rentres à minuit" il aura bien compris la phrase,
puisqu'il parle lui aussi le hongrois, mais respectera-t-il la consigne ??? Le
respect de la consigne donnée est conditionné par la relation préétablie. Mais
bien souvent, l'homme n'à aucune notion ni de hiérarchie ni de sanction dans sa
relation avec le chien. On pourra toujours essayer le renforcement positif en
proposant une belle tarte aux pommes à nos enfants qui rentreront à l'heure,
mais si aucune sanction n'est en vue, et qu'il n'y en à jamais eu auparavant,
sans parler de la "tarte" seule, il ne nous reste plus qu'à prier. Nous abordons
alors, le sujet de cette fameuse "phase d'acceptation" des ordres et respect des
consignes.
L'acceptation :
Cette phase d'acceptation est généralement la plus longue. Elle dépend bien sur
d'abord d'une bonne compréhension de l'ordre donné, mais aussi des rôles
hiérarchiques établis. Pour que les ordres ne soient pas remis en question
régulièrement nous devons accepter cette notion de hiérarchie et de sanction,
pour établir une relation saine en langage canin.
Pour approfondir ce sujet voir notre page
"programme"
La sanction :
Dans le langage du chien un grognement prévient d'une sanction à venir, mais le
chiot ne connaissant pas encore tout le vocabulaire de son espèce, pour faire
son apprentissage il devra faire ou refaire la faute pour comprendre le sens de
ce grognement. Mais l'homme grogne souvent à tort et à travers sans passer à
l'acte, encore pire il sanctionne avant la prévention, voir même sans
prévention. Puis cette prévention prend trop souvent des formes différentes elle
n'est pas codifiée, sans parler des messages ambivalent que l'homme envoie en
permanence et des sanctions incontrôlées, " petage des plombs, expression que
j'entends trop souvent " suite à un débordement découlant d'un certain laxisme.
En éducation canine nous utilisons en général
le "non" pour remplacer le grognement, mais pour que ce "non" prenne une
certaine valeur aux yeux du chien il sera bien nécessaire qu'il soit suivi d'une
sanction à un moment donné.
Il est bien évident que nous nous évertuons
tous à essayer d'exclure cette notion de sanction, mais dans certains cas nous
ne pourrons l'exclure définitivement. Nous pourrons exclure la notion de
conditionnement donc de dressage, mais nous ne pourrons pas toujours nous passer
ni de la hiérarchie ni de la sanction, si légère soi-t-elle.
Gardez toujours à l'esprit qu'une sanction ne
doit jamais être donnée sous le coup de la colère, il vaut mieux passer à autre
chose, oublier le chien plutôt que de se fâcher et détruire à jamais cette
relation si fragile.
La sanction doit toujours avoir une valeur
pédagogique ou pas de sanction.
Voir la suite : Le comportement et la
rééducation canine